La gratuité tue ? Pas sûr...

De nos jours tout devient gratuit. Mais quel est le sens de la gratuité? Si je prend l'exemple des journaux gratuits, ils ne sont gratuit que parce qu'ils sont bourrés de publicités et que leur contenu est minimaliste pour ne pas dire pire. Un téléphone portable chez un opérateur est gratuit, mais uniquement parce que le client s'engage à ne pas quitter l'opérateur choisi pendant une année ou plus et donc de consommez uniquement chez cet opérateur pendant ce temps là. Dans ces exemples, la gratuité ne tue pas, mais n'apporte rien. C'est une gratuité commerciale, une gratuité qui rapporte à celui qui offre...

Dans le monde du logiciel libre (comme linux), la gratuité est autre. La philosophie des logiciels libres est inspirée par l'idée que libre fait référence à la liberté et non à la gratuité. C'est donc la liberté d'expression qui est défendue, pas tant la gratuité du produit. Les utilisateurs des logiciels libres peuvent exécuter, copier, modifier, distribuer, étudier et si possible améliorer le logiciel. Et surtout, les utilisateurs des logiciels libres peuvent très bien les vendre s'ils le désirent et s'ils le font, ils ne doivent rien à personne, tant qu'ils respectent les règles de la licence. Dans ce cas c'est une gratuité politique, offrir le fruit de son travail est un geste fort (mais pas dénué d'intérêt: les plus grands programmeurs de logiciels libres sont souvent engagés par les plus grandes entreprises commerciales de la planète!)

La notion de libre s'arrête-t'elle aux logiciels? Eh bien j'ai récemment découvert que non. Il existe différents types de « licences » permettant aux auteurs de livres, de musique ou de photographies (pour ne prendre que quelques exemples), de diffuser leurs oeuvres en accordant plus de libertés que le régime stricte du droit d'auteur.

Les contrats creative commons permettent par exemple de décider si l'utilisateur peut vendre ou non l'oeuvre, s'il peut la modifier, s'il doit signaler la paternité ou s'il peut changer les conditions initiales après modification. Le fameux groupe de Rock Pearl Jam a ainsi récemment publié un clip vidéo sous ce type de licence. Framabook a récemment publié un livre sur l'utilisation de Thunderbird, le logiciel de messagerie libre de la fondation mozilla. Finalement l'idée derrière ce type de licence est celui du Some right reserved, contrairement au All rights reserved du copyright.

La licence Art Libre va dans le même sens mais ressemble plus à licence des logiciels libres. Elle repose sur la notion de Copyleft opposé aux Copyright. Par rapport à la liberté au sens large, la notion de copyleft empêche l'utilisateur de modifier la licence utilisée et donc de restreindre l'utilisation pour d'autres. Pour prendre un dernier exemple, wikipedia, est publié sous la licence GFDL (GNU Free Documentation Licence) qui permet de publier un manuel, un article, etc. sous une licence proche de celle des logiciels avec toujours en tête cette notion de liberté.

Comme quoi, la gratuité peut avoir deux facettes : celle de la gratuité commerciale où seul celui qui publie est gagnant et celle de la gratuité libre, une gratuité qui se veut un message de liberté politique. Et une liberté qui permet même de remettre en cause la notion de gratuité!

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