1er août : journée d’autisme

La fête nationale nous offre la possibilité, année après année, de nous autocongratuler, de nous dire que quand même, nous vivons dans un beau pays, entre deux verres de blanc, avant d’aller voir le feu d’artifice et d’aller se coucher. Et le lendemain, malgré les restes de blanc qui plombent la matinée, la vie reprend ses droits et nous montre que rien n’a changé et que nous ne vivons pas dans cet eldorado auquel on veut nous faire croire.

Christof Blocher a été faire son show anti-européen dans le canton de Vaud, il assure « adorer les bains de foules », mais n’a rien à dire, sinon que notre neutralité et notre indépendance sont indispensables, comme d’hab.

Doris Leuthard a de son côté un seul mot à la bouche, capable de résoudre tous nos problèmes : croissance. Et tant pis si malgré cette croissance, le fossé entre riche et « moins riche » (selon les mots Hans-Rudolph Merz) augmente chaque jour. C’est sans doute le signe qu’il n’y a pas encore suffisamment de croissance…

Moritz Leuenberger, notre Président, l’a dit à la télévision : « la Suisse est un pays où chacun peut trouver son bonheur ». Il souligne que ce bonheur ne doit pas être égoïste, mais que nous devons tenter de le partager avec le reste du monde (sic!). La voie est tracée, mais rien n’est fait pour que cela devienne une réalité, la Suisse se referme sur elle-même, aimerait pouvoir refuser le milliard de la cohésion pour l’Union Européenne et ferme la porte aux étrangers.

Micheline Calmy-Rey, dans une interview au Temps ose quand même une critique à peine voilée de la politique du Conseil Fédéral sur la question de la guerre entre le Liban et Israël. C’est sans doute la plus courageuse, c’est elle qui donne enfin un peu de relief à la diplomatie suisse, les autres se planquent derrière la neutralité, sans vraiment comprendre de quoi ils parlent.

Tous décrivent la Suisse comme elle n’est pas, mais peut-être comme ils aimeraient qu’elle soit. Ce matin, la réalité est de retour, la Suisse est un pays comme les autres, ce n’est pas un îlot de bonheur au centre de l’Europe. Les problèmes écologiques et sociaux persistent, les discriminations entre femmes et hommes, entre étrangers et suisses existent toujours, les guerres continuent de faire rage un peu partout dans le monde. Ils nous restent 364 jours pour tenter de répondre à ces problèmes…

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