Politique et économie, le désamour

La politique est actuellement réduite à des questions d’expert-comptable. Toutes les questions sont invariablement traitées sous l’angle financier et souvent uniquement financier. Avant de me lancer en politique, j’imaginais que politique financière signifiait donner la direction en matière de finance. Je me suis trompé. Aujourd’hui la politique se réduit à des questions financières. Evaluer un projet revient simplement à demander combien il coute. Et généralement, tous les projets reçoivent la même étiquette : trop cher ! Alors on ne fait rien…

Mais comment en est-on arrivé là ? Dans les années 70, quelques brillants économistes issus de ce que certains nommeraient aujourd’hui un Think tank, ont élaboré une nouvelle vision de l’économie, rompant brutalement avec ce qui avait été construit depuis la seconde guerre mondiale. Et une poignée de non moins brillant politiciens (merci Reagan, merci Thatcher) ont appliqué ces nouveaux principes à la lettre. L’ultralibéralisme était né !

Que fais un politicien ultralibéral ? Il privatise pour commencer. L’Etat est jugé trop lent, trop lourd ou trop conservateur pour s’occuper d’économie. Laissons les économistes, les courtiers en bourse et les financiers faire. Vous connaissez peut-être la suite. Pour satisfaire l’appétit de ses actionnaires, le pédégé d’une entreprise n’a qu’un seul mot à la bouche : licenciements ! Et après ? On s’attaque par exemple aux lois qui protègent les travailleurs, toutes celles qui entravent le libre commerce et la compétition sont modifiées ou supprimées. Et après ? Ca ne vous suffit pas ? Allez, si on créait le GATT (devenu OMC entre temps), histoire de faire tomber toutes les barrières qui pourrait protéger un Etat contre la boulimie des conglomérats industriels et autres multinationales tentaculaires.

On en est finalement arrivé là : à force de vouloir moins d’Etat, on l’a vidé de sa substance, tout en lui laissant les domaines qui ne sont pas rentables ou qui sont sensibles aux yeux de la majorité (éducation, armée, aide sociale, culture pour ne prendre que quelques exemples.)

La politique actuelle est séparée en deux blocs parfois pas si distincts. Il y a ceux qui veulent bétonner nos acquis, même si cela signifie ne plus évoluer et s’enfermer sur nous-mêmes et ceux qui veulent dissoudre la société, la réduire à un groupe d’individus solitaires et égoïstes. Cette vision est celle de l’ultralibéralisme. La doctrine est simple : démanteler tous ce qui a été patiemment construit et réduire l’être humain à l’état de compétiteur. Parfois, ces deux visions se rejoignent, c’est ce que j’appelle le national-libéralisme ! Suivez mon regard…

Si je suis contre l’ultralibéralisme, je ne suis pas farouchement anticapitaliste pour autant. Mais simplement pour une économie responsable, au service de l’homme et non du capital, qui assume pleinement son rôle social et respecte notre environnement. Une économie faite d’artisans, d’agriculteurs et de petites et moyennes entreprises implantées localement. Standard me direz-vous… Sauf que mon anticapitalisme se manifeste surtout par une opposition forte aux multinationales et transnationales qui forment le nouveau colonialisme, détruisent l’environnement et créent la misère. Elles sont mues par deux choses : leur pouvoir mesuré en termes de chiffre d’affaire et de bénéfice (et comparé à celui des autres entreprises) et les dividendes de leurs actionnaires.

« J’ai un problème avec l’initiative COSA oulala, pas facile la vie... »