Grande fontaine et... grands projets !

C’est au cours d’une séance mémorablement courte, à peine 45 minutes, que le Conseil général a accepté à l’unanimité un crédit de 350'000 francs pour la réfection de la Grande fontaine, aussi appelée Fontaine monumentale, le symbole sans doute le plus connu de la Chaux-de-Fonds (sur les cartes postales en tout cas).

Les 350'000 francs ne couvriront pourtant pas l’entier des travaux, devisés à 750'000 francs environ. Le reste devrait, si tout va bien, être couvert par une souscription publique.

L’eau est rare dans le Jura et avant 1887, les chaux-de-fonniers récupéraient l’eau des toits et la puisaient dans quelques sources locales ou forages profonds. Mais la ville s’agrandit et ses besoins en eau augmentent en proportion. Après diverses études, la ville accepte en 1885 le projet de Guillaume Ritter, un ingénieur de Neuchâtel, qui consiste à pomper l’eau des sources de l’Areuse. Le projet est à la fois écologique et grandiose, les pompes de l’usine des Moyats sont actionnées par le courant de la rivière et permettent de monter l’eau à plus de 1100 mètres, au-dessus de la ville. La longueur des conduites est d’environ 18 kilomètres.

La Grande Fontaine a été inaugurée en 1888 pour célébrer l’arrivée de l’eau dans la ville.

Mais je ne raconte pas ceci dans le but de faire de la publicité pour la souscription ou un hommage à la gloire des ingénieurs du XIXème siècle. Cette incroyable volonté de faire grandir et vivre cette ville ne doit pas être oublié. Aujourd’hui aussi, la ville a besoin de projet pour sortir de sa morosité et pour améliorer son attractivité. En vrac, son inscription possible au Patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO pourrait être saisi comme une chance, pas de faire de cette ville un musée, mais de montrer que la dynamique qui a conduit à sa fondation est encore intacte. Le projet de TransRUN est un de ses grands projets qui pourraient, comme lors de la construction de la ligne actuelle il y a plus d’un siècle, (re)mettre la ville dans le paysage des agglomérations suisses. Le centre ville a un besoin urgent d’aménagements urbains, d’une vraie zone piétonne. Sans cela, elle conservera sans doute son statut de parking géant. En vrac, il y a encore l’aménagement de la gare aux marchandises ou l’aménagement de la zone du Crêt-du-Locle (vivement les résultats du concours, pas qu’on fasse n’importe quoi non plus.)

Tout ces projets doivent être portés par les autorités d’une part, mais surtout par l’ensemble de la population. Et comme avec le projet de pompage des eaux de l’Areuse, je suis persuadé que le développement de la ville peut se faire de manière écologique!

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