Qui a peur de l’écologie libérale ?

On peut être de droite de deux manières : parce qu’on est un fervent défenseur de l’économie de marché et parce qu’on souhaite moins d’Etat ou mieux d’Etats comme diraient certains (PDC, Radicaux et Libéraux), ou parce qu’on est nationaliste et conservateur (Démocrates suisses) ou les deux (UDC, d’où la notion de national-libéralisme).

Et on peut être de gauche parce que les thèmes sociaux nous semblent primordiaux, parce qu’on souhaite que l’Etat puisse assumer pleinement son rôle, pour défendre de véritables services publics et pour espérer améliorer le quotidien de ceux qui ont le moins pour vivre ici et ailleurs.

N’y allons pas par quatre chemins, être écologiste ne signifie pas forcément être dans le second groupe, on peut être écologiste et faire partie du premier groupe, ce n’est pas une contradiction, et les élections cantonales zurichoises l’ont montré. Martin Bäumle, ce dissident du parti écologiste suisse (parce qu’il trouve que nous sommes un ramassis de gauchiste, mais aussi, peut-être surtout, parce qu’il a été évincé de la présidence des Verts zurichois) le dit (Le Temps du jour) « Regardons au-delà des clivages traditionnels. On a toujours considéré l’écologie comme un thème de gauche. Une vision périmée ». Soit, mais pourquoi ?

J’ai ma théorie. Parce qu’on a longtemps opposé écologie et économie. Toutes les propositions des Verts au parlement sont jugées comme économiquement non viables (pas de taxe sur le CO2, pas de limitation du trafic poids-lourd à travers les Alpes, pas de frein aux dépenses en infrastructures routières, pas de limitation dans l’extension des zones à bâtir, etc.) Alors si quelqu’un souhaite dépasser les clivages, qu’il fasse en sorte que son camp réfléchisse également à son positionnement dogmatique. C’est pourquoi je souhaiterais vivement qu’écologie libérale s’allie à un groupe de droite, PDC ou Radicaux, histoire de leur apprendre les bases du développement durable et les faire sortir de leur propre dogmatisme financier.

« Elections françaises, les Verts dans la douleur L'éveil d'une ville »