SIRUN : énergie et développement durable

Jeudi passé, en séance commune des Conseils généraux avec Le Locle, j'ai défendu au nom des Verts le rapport sur la fusion de SIM SA avec les services industriels de la ville de Neuchâtel. Si le rapport était bon, il manquait à notre avis une mention plus claire des buts de l'entreprise, en particulier en ce qui concerne le développement durable. Par voie d'amendements, nous avons demandé d'inclure deux choses dans le projet. D'une part une vision claire en matière de promotion des nouvelles énergies renouvelables, des économies d'énergie et de la protection de l'environnement et d'autre part d'inscrire cette vision dans les programmes quadrennaux de législature des exécutifs. Raté, pour des raisons juridico-politique, nos amendements ont été rejetés par les Conseils communaux. Nous avons tout de même obtenu la ferme intention d'inscrire ces buts dans la charte de la nouvelle entreprise. Voici mon intervention :

Mesdames les Présidentes, mesdames et messieurs,

Vous allez encore m’entendre ce soir, je serai donc relativement bref.

En préambule j’aimerais remercier le groupe de pilotage ainsi que les Conseils communaux des trois villes pour leur travail. Le rapport qui nous est soumis ce soir est le fruit d’un long processus, minutieux et précis et pour lequel, soyons honnêtes, il n’y a pas grand-chose à redire.

Le montage financier qui nous est soumis est totalement abouti. Et les Verts saluent le dialogue qu’ont eu les initiateurs du projet avec les syndicats et le personnel. Ce n’est pas tous les jours qu’une fusion se fait sans dégraissage massif !

L’équilibre des régions de ce canton est respecté et ce n’est pas non plus tous les jours le cas, faut-il le rappeler…

En gros je pourrais m’arrêter ici s’il n’y avait pas tout de même un certain malaise au sein de notre groupe à la lecture du rapport.

Car au-delà des chiffres, le projet est au carrefour des défis majeurs du XXIe siècle : SIRUN, SIREUN (comment qu’on prononce ?) gérera pour une grande partie des habitants de ce canton à la fois la distribution et la production de l’énergie et la distribution de l’eau. A son échelle, SIRUN ressemble donc sur certains points aux plus grosses multinationales du domaine (manque plus que la fusion avec Cridor). Ce sont des défis majeurs car ils sont l’un comme l’autre indispensable à la vie et parce qu’ils ne sont pas inépuisables. Les enjeux stratégiques globaux que représentent ces ressources sont énormes et c’est pour les Verts un soulagement de savoir que le rapprochement de SIM et des services industriels neuchâtelois garantit le maintien en main public de ces secteurs sensibles.

Nous regrettons toutefois vivement que les aspects techniques aient occulté des aspects plus politiques. On nous parle de finances, de commerces, de compétition, de vente, d’achats, d’actions, d’alliance et j’en passe. Ce vocabulaire peine à masquer une réalité : les aspects de politique énergétique ont été négligés. Sur plus de 40 pages, seule une demie parle de développement durable et encore dans des termes relativement vagues. On veut promouvoir les énergies renouvelables mais comment et avec quels moyens personne ne semble vouloir y penser. C’est dommage, sur un sujet aussi important on aurait peut-être souhaité un peu plus que des belles paroles.

Vous l’aurez compris, c’est un bon projet que nous accepterons tout en regrettant de devoir signer un chèque en blanc sur des aspects aussi importants. Car si nous vous épargnons l’utopie d’un canton autonome en matière énergétique (même si nous y croyons), qui mieux que SIRUN sera capable de faire de ce canton un précurseur en la matière ? Personne ! Et c’est clairement ce que nous souhaitons, que SIRUN ne soit pas simplement un fournisseur d’énergie obnubilé par les chiffres de son bilan mais une société pionnière, capable d’avoir une vision durable et de la traduire dans la réalité.

Je vous remercie.

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