Tunnel de Serrières ou le perpétuel transfert de charges

Dix-sept millions à investir et quelques 120 millions qui tombent de la Confédération pour un projet qui ne sert à rien et ne résout quasiment rien, hormis bien sûr les nuisances occasionnées aux riverains de l’autoroute. Ce tunnel concrétise enfin un vieux rêve, la traversée souterraine du canton de Neuchâtel par la route ! Manque plus que l’évitement indispensable du Locle et les touristes pourront traverser le canton sans en voir la couleur, sinon celle du béton.

Le Conseil communal chaux-de-fonnier a sans doute réagi correctement en mettant en doute la volonté du Conseil d’Etat d’équilibrer les investissements. Cent quarante millions, c’est un quart du prix du TransRUN, bien plus indispensable à mes yeux que 800 mètres de tunnels routiers.

Et pour faire plaisir au Haut, le Conseil d’Etat propose « une étude » sur l’évitement du Locle. Ce n’est pas une étude qu’il faut, c’est des actes. Cette vision surannée du tout à la bagnole fini par énerver. Il y a au sein des plus hautes instances de ce canton et de ce pays un manque de vision pathétique. Ce qu’il faut c’est un réseau ferroviaire efficace qui remplace les lignes actuelles en fin de vie : une liaison rapide entre Neuchâtel et la Chaux-de-Fonds, une connexion potable entre Bienne et la France voisine et un réseau de tram qui relie l’entier du littoral. C’est à ce prix que le développement de ce canton pourrait être, ne serait-ce que partiellement, qualifié de durable.

La Confédération n’a rien compris. En favorisant l’extension du réseau routier au détriment du rail, elle continue une politique que le peuple a déjà sanctionnée par le passé. Il est temps qu’elle comprenne l’importance du TransRUN et de ses annexes et qu’elle accepte l’idée que ce canton est une agglomération transfrontalière et pas juste un agglomérat discontinu de villages de montagne ! Il est temps que le Conseil fédéral prennent conscience de l’absurdité d’un investissement aussi élevé pour un ouvrage aussi inutile.

La seule chose intelligente que le Conseil d’Etat ait tenté est justement de remettre en doute le projet concocté par le gouvernement précédent. Malheureusement, il n’a pas eu le courage d’aller jusqu’au bout. Caramba…

Lors des élections fédérales, il faudra élire des gens capables de défendre nos projets et nos intérêts à Berne, car ce canton n’a plus un lobby efficace sous la coupole, peut-être qu’il faudra palier ce manque en engagement un lobbyiste professionnel, comme c’est le cas dans le canton de Vaud ?

« Qui nourrit la planète ? Et comment ? Signez la charte climat ! »