Le grenelle de l’environnement
Le grenelle de l’environnement[1], c’est une promesse de Sarkozy durant la campagne. Il l’a réalisée en formant un groupe disparate de personnalités politiques, dont Jean-Louis Borloo, le ministre de l’environnement et de personnes de la société civile (Nicolas Hulot entre autres).
Mais pourquoi est-ce qu’ils ont appelé ce truc un grenelle ? J’ai dû interroger Wikipedia pour comprendre que Grenelle est une commune[2] de Paris, dans le XVe arrondissement, qui a vu la signature des accords de Grenelle en mai 1968 (Si Sarkozy avait su, peut-être aurait-il appelé ce groupe autrement ! Et en fait c’est Juppé qui l’a créé avant de se faire lourder[3].) Ce grenelle est donc chargé de formuler des propositions au gouvernement pour améliorer la situation écologique catastrophique de la France et plus généralement de la planète. Plusieurs groupes ont été formés qui traitent de sujets comme les changements climatiques, la préservation de la biodiversité et des ressources naturelles, la santé, la production et la consommation durables, la démocratie écologique (!) et le développement écolo-économique.
Parmi les propositions intéressantes (mais rarement véritablement courageuses), voici quelques exemples. Au niveau climatique, l’objectif est fixé : réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre en 2020 (comme le reste de l’Europe). Et les moyens pour y parvenir font appels à la formation, au transfert du fret routier vers le rail et l’eau et à des constructions plus économes en énergie, réduction de 10 km/h de la vitesse maximale autorisée en dehors des localités et taxe sur les véhicules les plus polluants.
Au niveau agricole, il faut développer les pratiques respectueuses de l’environnement (du bio) et atteindre ainsi 10% de produits certifiés dans 5 ans. Les OGM n’ont pas trouvé de position consensuelle, sinon que leur labellisation est aléatoire et que la recherche sur leurs effets doit être renforcée.
Finalement au niveau économique, un effort doit être réalisé dans la recherche et développement pour des techniques plus écologiques.
Le groupe n’a par contre pas réussi à se mettre d’accord sur le nucléaire. Certains y voient l’énergie propre du futur et d’autres l’inverse. Sur les déchets et les incinérateurs, le grenelle n’a pas non plus réussi à trouver un consensus.
Il semble donc qu’après plus d’un mois de discussions, le grenelle a accouché d’une souris. Toutes les propositions sont déjà largement appliquées en France et surtout ailleurs. Loin de moi l’idée que le grenelle est un alibi pour dire que le gouvernement se préoccupe de la question environnementale mais tout de même, il laisse un arrière-goût d’inachevé. Si les discussions se poursuivent, espérons que les acteurs de ce débat fassent preuve d’une peu plus de courage.
fn1. "http://www.legrenelle-environnement.gouv.fr":http://www.legrenelle-environnement.gouv.fr
fn2. Edit 30.09. Merci LolZ. Effectivement, Grenelle était une commune de Paris, annexée en 1860.
fn3. Edit 1.10. J'ai en réalité tort. Peut-être que le terme de Grenelle a été sciemment choisi pour faire resortir le souvenir de mai 68. Parce que comme le souligne _Le canard enchâiné_, les accords de Grenelle signe l'arrêt de mort de la mini-révolution en 1968. Espérons que les pseudo-accords qui sortiront du grenelle de l'environnement ne tue pas non plus tout amorce de révolution dans le domaine de l'environnement!

