Refusons les propos xénophobes de l'UDC
Avec la publication du document Nos règles sont valables pour tous, l’UDC glisse toujours plus ouvertement vers la xénophobie. Le parti d’extrême droite suisse ne s’en cache plus, à lire le texte, les étrangers sont les seuls responsables de tous nos maux en Suisse. La délinquance est le fait de jeunes étrangers, l’immigration détruit notre système social, les déficits des communes sont dus aux écoliers étrangers qu’il faut lourdement aider, etc. En clair : sans les étrangers, tout irait comme dans la meilleure des Suisse !
La rhétorique du plus grand parti de Suisse est extraordinairement efficace. Réussir à dire que sa politique en matière d’asile permettra de « […] libérer à nouveau des capacités permettant l’accueil de personnes réellement persécutées. » est une prouesse en soit. Alors que Christoph Blocher se félicitait de la baisse des demandes d’asile depuis son accession au Conseil Fédéral, le pamphlet de l’UDC remet la compresse : « la Suisse est toujours confrontées à quelque 10′000 nouvelles demandes d’asile par an dont plus de 80% sont abusives ». Pour l’UDC, l’asile n’est qu’une solution temporaire et les gens doivent être renvoyés le plus rapidement possible chez eux ou mieux ? Ne pas venir du tout !
Dans ce domaine, le rapport de l’UDC mélange les peuples, l’Etat dans lequel ils vivent et les personnes qui gouvernent ces Etats. Quand il demande que l’octroi de l’aide au développement soit soumis à la condition que les Etats concernés collaborent dans le domaine de l’asile, le rapport se contredit : si l’asile doit servir à protéger les personnes persécutées, alors elle ne peut pas simplement collaborer avec les gouvernements qui justement persécutent leur population, c’est un non sens.
La politique populiste de l’UDC porte bien son nom. Si les problèmes que soulèvent le parti sont bien réel, les solutions apportées sont simplistes à l’extrême. L’UDC s’attaque aux effets plutôt qu’aux causes. Plutôt que se demander pourquoi les choses sont ainsi, ils donnent des solutions à tour de bras : augmenter la présence policière, expulser, emprisonner dans les pires conditions, faire payer. La solution n’est pas l’intégration mais la répression avec un seul but : enfermer définitivement la Suisse dans sa coquille.
Je profite de l’occasion que m’offre l’UDC pour rappeler ma vision de l’intégration. Il faut combattre la discrimination dont sont victimes les requérants d’asile et les étrangers en Suisse. Idéalement, les humains devraient avoir la liberté de s’établir où bon leur semble sur notre petite planète et d’y participer pleinement à la vie politique, associative et économique. C’est pourquoi nous soutenons le droit de vote et d’éligibilité des étrangers en Suisse, mais aussi leur droit au travail. Les sans-papiers vivent dans des conditions indignes, il est temps de leur offrir une régularisation collective et qui leur permettrait de s’intégrer. Nous voudrions rappeler ici que la Suisse a besoin des travailleurs étrangers et qu’il faut en conséquence leur donner des conditions de travail dignes et combattre leur exploitation.

