Les femmes en politique, une sous-représentation persistente
Défendre la cause des femmes en politique, vous me direz sans doute que c’est un combat suranné, que les féministes l’ont fait pendant suffisamment longtemps pour que la question soit réglée. Pas sûr que ce soit vrai.
Notre Conseil fédéral comprend une femme pour… six hommes, bientôt deux contre cinq peut-être. A la Chaux-de-Fonds, le Conseil communal était composé jusqu’en décembre de quatre hommes et une seule femme, Claudine Stähli-Wolf, première femme à avoir assumé la présidence de la ville. Après son départ, c’est à nouveau un Conseil masculin qui règne sur notre ville, mais seulement jusqu’en août me direz-vous, lorsque Josette Frésard prendra ses fonctions.
Les jeunes verts européens ont pris le problème au sérieux et se sont posés diverses questions : comment peut-on modifier les structures d’un parti pour mieux répartir les tâches et donner la parole plus souvent aux femmes ? Une semaine de débats ont été organisés sur le sujet, le séminaire était uniquement ouvert aux femmes. La première partie de la semaine a servi à analyser les obstacles que les femmes rencontrent en politique et plus généralement dans la société. Les médias y jouent un grand rôle en véhiculant des stéréotypes qui mènent à la discrimination. Même en Suisse, où l’égalité est inscrite dans la constitution, les femmes restent moins payées pour le même travail et elles n’occupent souvent pas les postes clés, dans l’administration publique comme dans l’économie privée. Le coup de gueule de Micheline Calmy-Rey l’a montré, sans une politique volontariste, les choses ne risquent pas de changer d’elle-même, malgré le fait que les femmes sont majoritaires dans les universités.
Les jeunes verts européens recommandent de mettre en place des quotas temporaires, comme l’ont fait les Verts genevois (si je ne me trompe pas), pas seulement dans les structures politiques, mais aussi dans les entreprises privées.
En dehors des stéréotypes véhiculés, il existe toujours et encore des obstacles qu’il faudra dépasser comme par exemple la difficulté que rencontrent les femmes à concilier vie de famille et activités professionnelles. Pour aller plus loin, ce n’est pas seulement les structures qu’il faudra modifier, mais surtout la mentalité des mâles de notre société.

