Montebourg, Johnny et Doris

D’après le matin, les propos de Doris Leuthard sur les forfaits fiscaux sont une bombe politique… Bof, à gauche, ça fait un moment qu’on le dit ! Par contre, venant d’une conseillère fédérale, ça a l’avantage de sortir un peu le débat de la confrontation stérile entre les pro-johnny et les Montebourg-j’aime-bien, plus précisément entre la cavale (France - Belgique - Suisse) de Johnny qui vient de se terminer dans un sanatorium glauque du Pays d’Enhaut et de la déclaration de guerre de Montebourg contre ses pauvres suisses qui n’ont rien fait de mal. L’édito du temps dit de Montebourg qu’il est isolé dans son combat, plus depuis le ralliement de madame Leuthard. Et je me permet de me joindre à leurs critiques du système suisse.

Acque… La fiscalité française est trop élevée, soit, c’est le problème de nos voisins. Sauf qu’il y a un hic, si vous êtes suisse, allez essayer de demander un forfait d’impôt ! Impossible, à moins de venir d’un autre pays et d’engranger ses revenus ailleurs également. C’est pour ça que je comprends qu’on parle de fiscalité prédatrice et antisociale. Les gens qui paient des forfaits d’impôts en Suisse ne participe à rien. Ils ne paient pas assez pour véritablement apporter un plus aux communautés locales en Suisse (Gstaad pourra peut-être changer un peu plus souvent sa fontaine sur la place du village), mais c’est tout. Les bénéficiaires ne participent pas à la vie locale, consomment peu chez nous, au mieux ils placent leur argent dans nos banques (ce qu’ils faisaient sans doute déjà avant).

L’autre problème est clairement lié à la notion de solidarité. Actuellement en Suisse, les riches étrangers qui résident un peu chez nous et obtiennent leurs revenus ailleurs paient le fameux forfait d’impôt. Pour les riches Suisses, il suffit de choisir la commune qui offre le taux d’imposition le plus bas (quelque part au sud de Zürich, ou en Valais pour les retraités.) Tout le monde le sait maintenant, il n’existe pas d’équité entre riches et pauvres. Les riches sont mobiles et les frontières n’existent pas pour eux. Les pauvres le sont moins et les frontières leur sont hermétiques (encore plus depuis le mois de septembre 2006.)

Tout ce système est basé sur un concept cher à la droite, la compétition, en l’occurrence fiscale. Les communes d’un canton se battent entre elles pour avoir les taux d’imposition les plus bas et les cantons se battent entre eux pour la même chose. Résultat des courses, les communautés locales sont exsangues. La compétition est un cercle vicieux : pour attirer plus de contribuables riches (les autres on s’en fout), il faut baisser le taux d’imposition, en espérant que le voisin ne le fasse pas lui aussi, ou pas trop vite. Et c’est cercle vicieux entraînent les communes vers moins de prestation (surtout pour les plus démunis). Quand s’arrêtera-t’on ? Le débat sur l’harmonisation fiscale ne fait que commencer…

Update : Par contre, je rejoins tous ceux qui pensent que Montebourg a largement dépassé les limites du politiquement correct en traitant la Suisse et les autres paradis fiscaux d'Europe de "verrues". Merci à la Liberté et à Koz pour l'info.

9 mars 2007 : J'aime assez la position de Jacques Pillet sur le sujet : nous n'avons pas le choix, nous devrons négocier, et c'est tant mieux pour tout le monde...

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