La girouette démocrate-chrétienne
A cours d’idée, le PDC tape dans le programme des autres. C’est de bonne guerre en politique, mais encore faut-il être honnête. Quand Christophe Darbellay dit que « Sans le PDC, la taxe sur le CO2 n’existerait pas », il oublie de souligner que son parti a effectivement voté la taxe sur les combustibles, mais que par contre, il n’a pas voté celle sur les carburants, au profit du centime climatique (vous pouvez également lire ce billet sur la nouvelle conseillère fédérale du PDC.)
Le PDC n’en est pas non plus à une contradiction près. En refusant les nouvelles centrales à gaz, il ne fait rien d’autre que d’emboiter le pas à tous les autres partis de la place. Rappelons tout-de-même que c’est aux jeunes PDC qu’on doit cette position, et pas vraiment aux élus fédéraux, plus prompt à suivre leur Conseillère fédérale.
Donc le PDC a décidé de verdir son programme. C’est une bonne chose, mais les solutions que dégagent le parti pour parvenir aux économies d’énergies nécessaires sont un peu molles : interdire les ampoules qui consomment trop, interdire les appareils qui consomment en mode veille et économiser l’eau chaude. Pourquoi ne pas directement s’attaquer aux modes de production d’eau chaude ? La production majoritaire actuellement est d’une débilité sans nom. Imaginez que les centrales (thermiques ou nucléaires), produisent de l’eau chaude qui actionnent des turbines pour produire de l’électricité (avec un rendement dérisoire de 30 à 50%) et qu’ensuite, après des pertes liées aux transports et à la conversion, cette électricité est reconvertie en chaleur dans les chauffe-eaux des ménages. Bravo pour l’efficacité… Et pourquoi le PDC ne parle t’il pas d’enveloppe des bâtiments, de standard Minergie, de transports. J’ai une question à leur poser : Que pensez-vous du nucléaire ? Parce que pour beaucoup de politiciens aujourd’hui, pas de centrale à gaz signifie en claire des nouvelles centrales nucléaires ! Et pour moi, les 10 milliards (au bas mot) que ces centrales nous coûteront serait investie beaucoup plus intelligemment dans les économies d’énergie…
Deux choses encore. J’aimerais savoir qui sera le premier à dire clairement « La Suisse ne pourra pas respecter les objectifs du protocole de Kyoto » et d’expliquer les conséquences pour notre crédibilité d’une part et financière d’autre part. Ce qu’il nous faut également le plus rapidement possible, c’est une véritable vision post-Kyoto avec des objectifs clairs auxquels la population adhère, mais ce n’est pas très porteur électoralement peut-être…
Finalement, Christophe Darbellay devient lyrique : « les Verts disparaîtront comme le Parti des automobilistes dans les années 1990. » Soit, j’en ai déjà parlé ici, et personnellement j’ai des doutes que la girouette démocrate-chrétienne puisse réellement écraser les Verts avec des idées pareilles. Ca me fait marrer ce que les élections engendrent comme discours totalement vides…

