Caisse unique, et après ?
Je me fais peu d'illusion sur le résultat de dimanche. J'espère juste que le camp du oui sera suffisamment fourni pour que les parlementaires et Santésuisse sente le vent du boulet...
De toute façon, le système actuel ne convient à personne et devra être modifié. Voici en vrac quelques propositions :
1) Plus de transparence. Pascal Couchepin, en réponse à Thomas Burgener (lire Le Matin du dimanche 4 mars 2007), a répondu qu'il n'existe pas de base légale permettant de contrôler les comptes des caisses maladie : bel exercice de langue de bois qui cache une problème de la LAMAL qu'il faudra corriger au plus vite. Les comptes des caisses doivent être publiés dans un système où chaque citoyen a l'obligation de payer ses primes.
2) Séparation de l'assurance de base des complémentaires. Même s'il sera difficile de faire admettre aux caisses cette séparation, la loi doit être révisée pour que la concurrence ne soit plus basée sur la chasse aux bons risques. Tous les autres pays européens qui n'ont pas de "caisse unique" y sont arrivés, pourquoi pas nous ? La Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil des Etats (CSSS-E) est entrée en matière pour corriger ce problème en introduisant des critères de compensation plus fins, prenant en compte d'autres critères que l'âge et le sexe (comme les coûts de traitement ou le type de maladie.) Qu'elle continue sur cette voie...
3) Financement social. Ce volet de la campagne a totalement pourri le débat. Personne ne pouvait réellement savoir ce qu'il allait payer tellement les arguments des uns et des autres étaient contradictoires. Et pourtant, la Suisse est bientôt le dernier pays occidental à ne pas avoir un financement de l'assurance maladie qui soit social. Ceci doit être corrigé par le Parlement, et la solution doit permettre aux familles de respirer, aux plus démunis d'être couvert même s'ils ne peuvent plus payer leurs primes et aux subventions d'être couvertes par les primes des autres et non par les impôts.
4) Les programmes de prévention doivent être financés par les caisses. Actuellement, ce sont les impôts (et certains organismes semi-privés) qui paient les timides programmes de prévention en matière de santé publique. Ils devront être payés par les primes et donc par les assureurs, même si ceux-ci n'y ont aucun avantage. Un bon programme de prévention peut également avoir une effet réel sur la baisse des coûts, pourquoi s'en priver ?
5) Les prestations. Comment faire pour que les prestations ne passent pas systématiquement de l'assurance de base aux complémentaires, mais prennent le chemin inverse ?
6) Comment diminuer l'implication des politiciens dans les Conseil d'administration des caisses ? C'est un manque d'indépendance de la part des politiciens. Et je n'hésite pas à qualifier ceci comme étant une forme de corruption ! Le Conseil national a aujourd'hui encore refusé d'entrer en matière sur une proposition Socialiste visant mettre un terme à ces collusions d'intérêt.
Si vous avez d'autres idées, n'hésitez pas à en faire part aux autres dans les commentaires.

