2x oui à l'éligibilité des étrangers
Le 17 juin prochain, les neuchâtelois devront se prononcer sur l’éligibilité des étrangers au niveau cantonal et communal (initiatve) et sur le contre-projet du Conseil d’Etat qui ne donne ce droit qu’au niveau communal.
Depuis 1848, les étrangers vivant sur le sol neuchâtelois ont le droit de vote au niveau communal, et, depuis la révision de la constitution en 2000, au niveau cantonal. D’autres cantons ont fait le pas. Genève et Jura ont octroyé le droit de vote à leurs ressortissants étrangers. Fribourg et Vaud ont été plus loin en leur ouvrant la porte des législatifs et des exécutifs.
Les opposants, UDC et étonnement les Libéraux (j’y reviendrai), avance l’argument que la naturalisation est la seule voie possible vers l’intégration et donc vers l’éligibilité. Et pourtant, les premiers ont toujours tout fait pour limiter au maximum cette intégration. Les dernières lois sur l’asile et sur les étrangers ou les votations sur la naturalisation facilitée en sont le reflet. Dernièrement ils ont encore brandi la menace d’un référendum contre la nouvelle loi sur la police au simple motif qu’elle permettait aux étrangers de devenir policier… Cette vision surannée de la naturalisation doit être dépassée, le passeport rouge à croix blanche n’est plus synonyme d’intégration réussie. Si quelqu’un souhait s’investir dans la vie politique ou associative, il doit pouvoir le faire quel que soit sa nationalité. Et pour aller plus loin, si quelqu’un ne souhaite pas acquérir la nationalité suisse pour une quelconque raison, ceci ne doit pas en aucun cas freiner sa volonté de s’investir.
Pour revenir aux Libéraux, c’est difficile de comprendre leurs motivations. Qu’ils aient participé au référendum sous couvert de la volonté de demander l’avis du peuple, passe encore, mais qu’ils refusent même le contre-projet du Conseil d’Etat, ça me dépasse. Heureusement tout-de-même que le score a été serré ! Et merci au Président des Jeunes Libéraux pour son courage : « la citoyenneté doit primer sur la nationalité ». C’est juste !
Vu cette situation, le mot d’ordre doit être j’y vit, j’y vote et j'y suis élu! ou plus simplement j’y vit et je m’investi!, quel que soit ma nationalité. J’irai donc voter 2x OUI le 17 juin à l’éligibilité des étrangers (pour l’AI, j’y reviendrai, ça sera NON).

