Signez l’initiative climat
Personne ne nie plus cette réalité : les changements climatiques menacent les équilibres sur notre planète. Et l’homme en est à l’origine. Le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a rassemblé dans un premier document publié en février toutes la littérature scientifique écrite ces dernières années. Entre 1970 et 2004 au niveau mondial, les émissions de gaz à effet de serre, gaz carbonique en tête, ont augmenté de 70%, dont 24% depuis 1990[1]. Et les scénarios les plus probables ne montrent pas une stabilisation de ces émissions à l’avenir. Surtout, il semble de plus en plus vraisemblable que si nous dépassons une certaine limite, tout ceci deviendra hautement incontrôlable (théorie du point de non retour).
Ce constat n’est pas nouveau. En 1997, sous l’égide de l’ONU, le protocole de Kyoto a été signé. A ce jour, il a été ratifié par plus de 150 pays. Il fixe des contraintes en matière de diminution des émissions. La Suisse s’y est engagée à réduire de 10% ses émissions en 2012 par rapport à leur niveau de 1990. A ce jour, la seule chose que nous avons réussie, c’est plus ou moins à les stabiliser (avec en 2005 une légère augmentation tout de même). En 1999, le peuple suisse acceptait la loi sur le CO2 qui sert de base légale à l’application du protocole de Kyoto. Pour parvenir à respecter nos engagements internationaux, la loi défini un outil : la taxe CO2. Mais à ce jour, celle sur les carburants à été remplacée par le centime climatique, un emplâtre sur une jambe de bois car cette taxe n’est pas incitative. De plus, c’est un impôt supplémentaire dont l’utilisation n’est pas réglée démocratiquement et dont personne ne sait précisément ce que la fondation qui gère ces centaines de millions en fera. Aux dernières nouvelles, elle tente d’acheter des droits à émettre sur le marché du carbone… En 2006, le Parlement a par contre introduit une véritable taxe sur les combustibles qui respecte, elle, la volonté populaire de 1999. C’est presque devenu une réalité : la Suisse ne respectera pas ses engagements internationaux et les objectifs qu’elle s’est fixée. Les autorités paieront donc de notre poche les efforts dont ils n’ont pas voulu et ceci contrairement au mandat que le peuple leur a donne[2]. Bravo les gars!
Pourquoi vouloir fixer des objectifs pour 2020 dans ces conditions? Parce que la Suisse doit aller plus loin que Kyoto. L’Union européenne s’est fixée une diminution de 20% en 2020 avec « _la possibilité d’augmenter ce chiffre à 30% si d’autres pays se fixent également des objectifs contraignants semblables_ ». C’est le point important de l’initiative _pour un climat sain[3]_. Fixer des objectifs permet de savoir où nous allons et de fixer des étapes intermédiaires en contrôlant qu’elles soient respectées[4].
Et nous avons tous les outils pour y parvenir. Il faut économiser l’énergie, que ce soit au niveau du chauffage en changeant nos habitudes et en améliorant nos standards en matière de construction. _Minergie_ (avec quelques adaptations) doit devenir la norme minimale. Au niveau de l’électricité, nous devons refuser clairement la construction de nouvelles centrales à gaz. Les nouvelles énergies renouvelables doivent être promues et, soyons fous, notre pays doit retrouver le chemin de l’autonomie en matière d’approvisionnement électrique (en se permettant le luxe de fermer ses centrales nucléaires). En matière de transports (qui représentent 30% des émissions), notre manière de penser doit évoluer pour que le tout à la bagnole ne soit plus la règle et pour que les marchandises que nous consommons voyagent moins et plus proprement.
Avec une trentaine d’autres associations, les Verts ont lancés l’initiative « pour un climat sain », signez là!
Feuilles de signatures à télécharger ici.
fn1. "http://www.ipcc.ch/SPM040507.pdf":http://www.ipcc.ch/SPM040507.pdf
fn2. C’est l’exemple le plus criant du fait que la droite oppose systématiquement environnement et économie. Et pourtant, les conséquences financières des changements climatiques sont évaluées entre 220 et 400 millions par année et personne ne nie plus le fait que les secteurs qui se développent autour des aspects environnementaux génèrent des emplois et de la valeur ajoutée.
fn3. Ce titre est complètement nul, mais bon…
fn4. Ce n’est pas la première fois que je le dis : lisez ce "billet":http://www.fabienfivaz.ch/news/100/la-girouette-democrate-chretienne et "celui-là":http://www.fabienfivaz.ch/news/97/le-conseil-federal-et-lenergie.

