Obama a redéfini la manière de faire une campagne électorale

Quel que soit le résultat de l'élection mardi prochain, Barack Obama a définitivement changé la manière de conduire une campagne électorale. Plusieurs aspects peuvent en effet être décrit comme nouveau. D'abord, l'utilisation des technologies liées à Internet. En utilisant massivement - et avec succès - les outils Web 2.0 comme Facebook ou Youtube ou simplement son site et blog, le staff démocrate a touché une partie de la population qui était insensible aux instruments traditionnels de campagne (débats, annonces radiophoniques ou télévisuelles, stands ou porte-à-porte). Seuls, ces outils ne permettent pas de toucher l'ensemble de la population, mais ajouté aux éléments traditionnels, ils ont créé une campagne intégrée.

Le bombardement publicitaire a atteint des proportions presque indécentes pour les internautes allant de la publicité ciblée sur Google Adwords à la publicité générale sur les sites les plus visités du Web ou simplement à travers une campagne massive d'emails (presque un par jour). A la télévision ou à la radio, pas un jour ne passait sans qu'on voit la tête du candidat ou qu'on entende sa voix et ses idées (lorsque le but de l'annonce n'était pas détruire celles de l'autre). Le clou du spectacle était hier soir lorsque Obama s'est offert 30 minutes de télévision sans publicité (sinon pour lui-même) sur les cinq major networks. Une première dont l'impact réel n'a pas encore pu être mesuré mais qu'à l'avenir tous les candidats américains utiliseront, pour autant qu'ils en aient les moyens. L'opération a en effet coûté la bagatelle de 5 millions de dollars, rien qu'en minutes d'antenne (et vu la qualité toute hollywoodienne de la réalisation, on peut en imaginer le prix).

Le risque était réel de dégoûter les gens à force de matraquage médiatique, mais ceci ne s'est pas réellement réalisé. Au contraire peut-être, selon les premières projections, jamais autant d'Américains ne sont allés voter prématurément ou iront le faire mardi. Et jamais la population ne s'est autant intéressée à la politique, des plus jeunes aux plus vieux.

Outre la pression médiatique affolante, un autre aspect tout à fait nouveau a fait son apparition. Plus de la moitié des 650 millions de dollars de fonds qu'ont récolté Obama et les démocrates proviennent de dons de particuliers dont le montant est inférieur à 200 dollars. Une fois de plus, c'est grâce à Internet que cette fabuleuse levée de fonds a pu être organisée. Pas une semaine ou un jour ne passe sans qu'un email demande de mettre la main au porte-monnaie pour soutenir le candidat ou un de ses événements. Son site affiche depuis longtemps un formulaire de soutien en pré-page. Le résultat est inespéré et a définitivement fait taire ceux qui critiquaient en août la décision d'Obama de se passer des fonds gouvernementaux.

Une dernière chose épatante. L'équipe démocrate a, grâce à ses fonds et sa gestion des nouvelles technologies créé un réseau de militants bénévoles qui dépasse l'entendement. Ils sont des millions à travers les Etats-Unis à aider les démocrates pour la campagne "traditionnelle" (stands, porte à porte, organisation de meetings). Mardi, ils seront autant à prendre congé ou sécher les cours pour encourager les indécis à voter.

L'histoire dira si ces changements ont eu l'impact espéré...

PS: Pour terminer, il faudrait encore ajouter que, même si les outils de campagne changent, je n'ai pas d'illusion sur le fait que, Obama ou pas, la manière de faire de la politique, elle, n'est pas prête de changer...

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