Lettre ouverte à Hans-Rudolf Merz

Monsieur le Président de la Confédération,

C’est avec attention que j’ai regardé votre vidéo sur le secret bancaire. Votre réaction à la pression internationale est infantile. C’est uniquement lorsque vous êtes dos au mur que vous réagissez, uniquement lorsque vous avez usé de toutes les ruses possibles que vous faites un petit pas dont vous imaginez qu’il calmera les ardeurs d’un G20 qui légitimement vous demande de changez votre attitude.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que vous ne savez pas prendre les devants, malgré des signaux internationaux dont l’insistance ne cesse d’augmenter depuis plus d’une année. Le Conseil fédéral aurait-il donc cesser de communiquer avec l’étranger, aurait-il décider de fermer ses canaux diplomatiques, ou plus simplement, aurait-il crû du haut de sa tour d’ivoire, que les autres ont suffisamment à faire avec leur crise économique pour nous laisser tranquille ?

Force est de constater que ce n’est pas le cas. Et ce n’est généralement pas à la dernière minute qu’on concocte un projet intelligent, qui tienne la route et qui soit le fruit d’une réflexion et d’une vision. Comme tant d’autres fois, vous démontrez à merveille que le Conseil fédéral ne sait pas se préparer à une quelconque crise, qu’elle soit économique ou diplomatique. Une fois de plus, il a lamentablement échoué.

Le secret bancaire a vécu. Plutôt que d’imaginer des solutions à court terme en espérant qu’on nous laisse tranquille, le Conseil fédéral aurait dû réformer depuis longtemps notre approche en la matière. Le secret bancaire est un mythe, destiné à enrichir nos banques et leurs élites sur le dos des contribuables honnêtes, ici comme ailleurs. Les banques n’ont jamais représenté qu’une petite part du produit intérieur brut. Regardez la manière dont vous avez géré l’affaire UBS, cette banque était trop grande pour notre pays. Lorsqu’elle s’est effondrée sous le poids de la cupidité de ses gestionnaires, il a fallu la renflouer. Et une fois de plus, ce sont les honnêtes citoyens qui ont dû passer à la caisse.

Cette crise est une occasion de réformer le capitalisme libéral que vous, les banquiers et le parti radical nous ont vendu comme une panacée depuis 30 ans. Il est temps de revoir notre modèle économique, de le restructurer en profondeur pour le rendre compréhensible par tous et au service de tous. Arrêtez de vous accrochez à des mythes dont plus personne ne veut. Le capitalisme est mort, il est temps de supprimer les outils qui ont mené à cette déchéance et de réinventer un avenir qui prenne en compte les aspirations des habitants de notre planète.

Vous pensez parler au nom de la population mais en réalité vous ne parlez qu’au nom des banques et des riches de ce pays. Ce ne sont pas eux qui vous élisent, mais l’ensemble des citoyens dont vous ne semblez pas vous soucier. Retournez donc à vos dossiers plutôt que de nous abreuvez de discours pompeux et aidez l’ensemble de la population plutôt qu’une minorité de nantis.

Merci d’avance…

« Réseau des trois villes... Hôpital neuchâtelois, un serpent de mer qui se mord la queue… »