Maman, c’est quoi le G-20 ?

Depuis quelques semaines, tout le monde parle du G-20, ce groupe qui va tenter dès jeudi de sauver le monde… Ou plutôt, qui risque bien de ne rien décider, tellement les enjeux sont importants et, surtout, parce qu’on ne sauve pas le monde en une journée, même si on brasse 80% des échanges commerciaux mondiaux… Mais aussi parce que ce ne sont pas ceux qui ont détruit le monde qui vont le sauver!

L’objectif de ce G-20, créé il y a à peine 10 ans, c’est de «mettre ensemble, de manière systématique, les économies industrialisées ou en développement importantes, afin de discuter des problèmes clés de l’économie globale». En clair, jeudi, les chefs d’Etat invité à ce grand raout vont tenter de mieux régler (le mot réglementer semble être sciemment évité) le fonctionnement des marchés par diverses mesures dont je doute de l’efficacité. Pourquoi ? Parce que l’objectif était déjà à l’ordre du jour du dernier sommet en novembre et que les bonnes intentions n’ont pas fait place à des actes depuis lors. Mais aussi parce que le G-20 préparatoire d'il y a deux semaines n’a rien apporté non plus.

L’objectif du G-20 semble donc bien moins glamour qu’il n’y paraît : augmenter la demande pour doper la croissance, encore et toujours. Point barre. Et peu importe finalement si c’est justement cette position qui nous a mené dans le mur. Pour le changement de paradigme que tant appellent de leurs vœux, faudra attendre…

Dommage car cette crise aurait pu et dû être l’occasion de s’offrir une réforme en profondeur de la finance mondiale, de brider son expansion virtuelle et de refonder nos économies. Mais force est de constater que ce courage fait défaut aux puissants de ce monde. Il est temps sans doute de leur donner des idées.

La finance mondiale est trop complexe, plus personne ne comprend véritablement comment elle fonctionne. La simplifier aurait été un premier pas. Des Credit Default Swaps aux Hedge Funds, les possibilités de s’enrichir sur le dos des autres abondent, et personne ne semble vouloir brider cette fabuleuse manne destructrice du tissu social. Qui m’explique comment on fait pour planquer des actifs pourris dans des véhicules financiers moins pourris? Vous avez déjà essayé avec des pommes? Ça ne fonctionne simplement pas… Stieglitz disait que le plus gros problème de la finance mondiale provient de l’information, plus précisément du fait qu’il y a ceux qui savent et qui connaissent, une minorité, et les autres, vous et moi. Il est temps de simplifier le fonctionnement des marchés pour que chacun puisse le comprendre.

La spéculation est une plaie, tout le monde s’accorde là-dessus. Quand une banque a les moyens d’influencer les cours de la bourse à elle-seule, c’est que le système a un sérieux problème. Si nous avions introduit il y a dix ans une taxe sur les transactions boursières comme le demandait par exemple ATTAC, nous n’en serions sans doute pas là et nous aurions des dizaines voire des centaines de milliards à disposition pour aider les économies les plus touchées par la crise. Mais pour cela, il aurait fallu accepter que nous sommes tous dans le même bateau et que personne ne peut demander à la terre de s’arrêter pour pouvoir descendre. Il aurait aussi fallu prévoir le fonctionnement économique à long terme, mais là aussi, lorsqu’on a le nez dans le guidon de ses profits personnels, il est difficile de lever la tête pour apercevoir le mur qui s’approche, ou alors, ceux qui l’ont vu ont été pris pour des imbéciles ou ont klaxonné en espérant que le mur se barre.

Maintenant que nous sommes dans le mur, il est temps de revoir notre fonctionnement. Le G-20 ne servira pourtant à rien, il n’a ni le courage, ni surtout la légitimité de faire quoique ce soit. Allez, on attendra la prochaine crise… Maman, c’est quoi le G-20 ? Rien mon chéri, tu peux dormir tranquille…

« Hôpital neuchâtelois, un serpent de mer qui se mord la queue… Allez voter ! »