L'inamicale de Bologne-sur-mer...

En rentrant hier depuis la gare, j'ai été étonné de tomber sur au moins deux affiches ventant les mérites de la haute école spécialisée bernoise (HESB). Ces affiches interpellent par leur grossière inutilité. Pourquoi une haute école, subventionnée par les collectivités publiques, devrait-elle dépenser des dizaines de milliers de francs pour tenter d'attirer des étudiants qui pourraient faire plus ou moins les mêmes études dans notre canton et ainsi éviter l'hémorragie des centres de formation supérieure neuchâtelois ?

Ah mais j'oubliais, pour les hautes écoles, le nouveau concept mis en place par la Confédération est basé sur une des règles d'or des temps modernes : la compétition, en l'occurrence pour le nombre d'étudiants. Et tant pis si des dizaines de milliers de francs sont utilisés pour faire de la publicité plutôt que former les jeunes et leur offrir un avenir dans le contexte difficile de la crise économique que nous traversons...

On le sait depuis quelques temps déjà, l'avenir des HES neuchâteloises n'est pas rose. Un article de Daniel Droz dans la presse locale de hier tire la sonnette d'alarme "L'Arc jurassien pourrait y laisser plus que des plumes". De relocalisation en concentration, le paysage des HES suisses s'est fortement modifié ces dernières années, sans que personne n'ait une véritable vision de leur avenir. Grossièrement, le processus choisi mise sur le darwinisme économique pour consolider le secteur. Et tant pis si les cantons comme le nôtre risquent d'y perdre "plus que des plumes", la logique marchande est au moins sauve...

Ce qui est étonnant, c'est de lire en bas de l'article de Daniel Droz que les cantons de l'arc jurassien collaborent. C'est sans doute une nouvelle manière d'aborder la collaboration, celle de travailler main dans la main lorsqu'il s'agit de défendre ses propres intérêts contre ceux d'une entité supérieure, en l'occurrence la Confédération, mais de se tirer dans les jambes sitôt l'apéro terminé...

PS : J'ai envoyé un courriel aux services "marketing" de la haute école bernoise leur demandant l'objectif et le coût de cette campagne... Je vous tiens au courant!

« Sauver l'AI maintenant! Au trou le commandant de corps! »