Pourquoi l'adminitration pourrait et devrait utiliser linux
Historique
L’idée d’open source a été inventée par Richard Stallman au début des années 80 pour distribuer ses outils GNU (acronyme de GNU’s Not Unix). Mais ces outils n’ont jamais formé un système d’exploitation complet (comme Windows ou MacOSX par exemple) avant l’arrivée d’un certain Linus Torvalds. Torvalds a créé en 1991 un embryon de système d’exploitation qu’il a distribué pour connaître l’avis d’autres développeurs. Rapidement repris par des centaines voire des milliers de « hackers », le système a grossi, intégrer les outils GNU de Stallman et finalement, après des mois de labeur, un système d’exploitation entièrement fonctionnel était né !
Open Source ?
Mais l’originalité de Torvalds et Stallman ne réside pas là. Leur génie est sans doute d’avoir distribuer gratuitement non seulement leur système, mais surtout l’intégralité du code source qui le compose. Le but du projet GNU et de Linux est de ne pas laisser l’homme être esclave des machines et de ceux qui les programment. Le projet GNU amène donc l’idée d’une diffusion libre de la connaissance. La liberté est quasiment totale dans cet environnement : les utilisateurs et les programmeurs peuvent faire ce qu’ils veulent avec les programmes open source mais doivent tout de même adhérer à la philosophie, c’est-à-dire continuer la diffusion ouverte des codes source, y compris les modifications qu’ils ont apporté. Le projet est également génial dans le sens que la vente de Linux n’est pas interdite, tant que la philosophie est respectée. Linux restera gratuit, mais des centaines voire des milliers d’entreprises se sont rapidement mises à vendre des services liés à ce système.
Et pour une utilisation quotidienne ?
C’est la question qui vient en premier : si Linux est parfaitement adapté à l’environnement serveur (le serveur qui héberge ce site web fonctionne sous Linux), l’est-il suffisamment pour une utilisation quotidienne « au bureau » (Desktop). La question est sur tous les sites depuis quelques années déjà. Et la réponse semble de plus en plus être positive. Rapides, stables et généralement compatibles avec les logiciels de Microsoft, leurs avatars libres sont parfois même plus sûrs et plus fiables. L’exemple le plus connus est sans doute celui de Firefox, le navigateur libre issu de Netscape. En quelques années, ses développeurs ont su lui donner ce qui manquait cruellement à Internet Explorer. Aujourd’hui, les parts de marché de Microsoft sont en chute libre au profit du navigateur libre (environ 30% des internautes utilisent Firefox en Suisse (IXTI)).
Et dans l’administration ?
De nombreuses administrations dans de nombreux pays ont partiellement ou intégralement passé à Linux. Les administrations des villes de Munich, Mannheim ou Eindhoven ne sont que quelques exemples. L’administration de la capitale bavaroise va migrer ses 14′000 postes de travail sous Linux, avec OpenOffice pour remplacer Microsoft Office. Le tribunal fédéral a également partiellement migré sur un plateforme de logiciels libres.
Oui mais pourquoi ?
Le préposé Fédéral à la protection des données le dit : « Dans un environnement dans lequel les exigences envers la protection et la sécurité des données sont élevées, il est absolument nécessaire que le code source soit accessible ou qu’il soit publié […] si le code source n’est pas librement accessible, la protection des données ne peut pas être garantie. » Le logiciel libre est en passe de devenir le standard européen dans les administrations pour cette raison et pour bien d’autres. Parmi celles-ci, les économies que peuvent engendrer l’utilisation de logiciels libres ne sont pas négligeables, même si il faut du temps pour en ressentir les effets. La ville d’Eindhoven chiffre les économies à quelques 150′000 euros la première années et presque 1 million annuellement lorsque le système sera en place. Quand on voit l’état des finances des collectivités et la possibilité d’utiliser l’argent économisé pour développer d’autres secteurs, ce n’est pas négligeable.
Et finalement, il y a l’aspect philosophique et éthique qui est également important. Nos administrations sont entièrement dépendantes du bon vouloir de gigantesques transnationales comme Microsoft. Passer aux logiciels libres permettraient de se libérer de ce joug et de participer à leur développement tout en affirmant notre indépendance, en protégeant nos données et en faisant des économies.
Plus d’informations :
Histoire des logiciels libres : http://fr.wikipedia.org/wiki/Linux
Politiques orientées logiciels libres : http://www.ynternet.ch/politique_logiciels_libres-4.html

