Promouvoir les éoliennes

J’ai publié ce texte il y a plus d’une année, mais il semble toujours d’actualité…

Nous vivons une époque formidable… Alors que l’Association suisse pour l’énergie atomique (ASPEA) prévoit de construire une nouvelle centrale nucléaire en Suisse pour “faire face au manque d’énergie que nous aurons d’ici quinze ans”, les détracteurs des éoliennes ont obtenu gain de cause devant le tribunal administratif du canton de Neuchâtel.

Le projet de parc éolien de Crêt Meuron avait pourtant les faveurs autant des communes concernées que de la population neuchâteloise en général. Rappelons qu’une centaine d’hectares, répartis entre la Vue-des-Alpes et Tête-de-Ran aurait accueilli 7 éoliennes de 92 mètres de haut pouvant produire environ 14 GWh par année, soit l’équivalent de la consommation de 4000 à 5000 personnes.

Le tribunal administratif du canton de Neuchâtel a pourtant décidé de mettre fin à ce projet. Il estime que la quantité d’énergie produite est “très faible sinon quasi insignifiante” et que l’impact des éoliennes sur le paysage était trop important en comparaison (lire L’Impartial du 6 avril 2005).

Et qu’apprend-on aujourd’hui (lire L’Impartial du 8 avril 2005) ? Cette décision pourrait également avoir une influence négative sur le projet de parc éolien de Chaumont. Le projet de Chaumont prévoit la construction de 3 éoliennes pour une production maximale d’environ 9 GWh par année, soit la consommation de plus de 2500 personnes (estimation maximale).

Revenons au site de Crêt Meuron. Vue des Alpes, la crête entre la Vue-des-Alpes et Tête-de-Ran peut paraître belle, mais vue de près, il n’en est rien. Entre gros parkings, chalets et remontées mécaniques, la crête a été complètement dénaturée et sa valeur n’est plus que touristique, au sens d’un tourisme de masse. C’est peut-être une des raisons pour lesquelles l’OFEFP n’a pas voulu inscrire cette portion des crêtes dans l’inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels d’importance nationale (IFP). En principe, les sites inscrits ne peuvent servir à l’implantation d’éolienne, le site de Crêt Meuron n’étant pas protégé, la décision du tribunal semble grandement injustifiée.

La croissance de la consommation d’énergie semble sans fin en Suisse. Fort de ce constat, le Forum nucléaire suisse (Ex Association suisse pour l’énergie atomique - ASPEA) prévoit de construire une nouvelle centrale nucléaire en Suisse. La nouvelle loi fédérale sur l’énergie nucléaire (LENu) lui en donne d’ailleurs les moyens après un moratoire de 10 ans. La réponse de l’ASPEA à la consultation sur cette loi est édifiante. L’association signale que “La surveillance des installations nucléaires par les autorités est extrême et sans équivalent. Elle doit être réduite au niveau “habituel” pour l’industrie et gagner en efficacité” ou encore “… équiper les centrales nucléaires existantes de sorte qu’elles respectent les normes de sécurité les plus récentes appelleraient un investissement démesuré”. Leur volonté est claire: Moins de contrôle, moins de sécurité… Mais surtout, même si on construit des nouvelles centrales, le problème des déchets n’est de loin pas réglé !

Si nous voulons un jour sortir du nucléaire et du calvaire posé par ses déchets, l’énergie éolienne est une réelle solution. Le programme SuisseEnergie de la confédération prévoit de produire 50 à 100 GWh/an grâce au vent. En élaborant le “Concept d’énergie éolienne pour la Suisse”, l’OFEN, l’OFEFP et l’ARE ont clairement montré la voie. Le document stipule en page 24 que le canton de Neuchâtel a effectué “un travail exemplaire pour la situation suisse” permettant d’identifier “quatre sites parfaitement appropriés qui ont été inclus dans le plan directeur cantonal”. Le site de Crêt Meuron est le premier sur lequel le canton de Neuchâtel a décidé de concentrer ses efforts.

En vain, le tribunal administratif a pris une regrettable décision en choisissant de donner raison aux opposants au projet. Mettre en parallèle la protection d’une zone déjà complètement dénaturée et la production d’électricité pour 4000 à 5000 personnes est un non sens. Sans vouloir s’immiscer dans la politique cantonale, il serait bienvenu de la part du canton de faire recours auprès du Tribunal Fédéral et d’ainsi montrer qu’il existe une volonté politique forte allant dans le sens des énergies renouvelables et du développement durable.

Liens
Suisse-Eole - http://www.suisse-eole.ch
Sortir du nucléaire - http://www.sortirdunucleaire.ch
Protection des crêtes du Jura - http://www.juracretes.ch/
Association suisse pour l’énergie atomique - http://www.aspea.ch

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