La dictature très peu éclairée du PLR doit cesser au plus vite !

Discours prononcé à l'AG des Verts du mercredi 8 septembre 2010, à l'occasion de la désignation du candidat à l'élection complémentaire au Conseil d'Etat du 31 octobre.

Une année et demie de gamineries

Si vous vous souvenez, lors des dernières élections cantonales il y a à peine une année et demie, le slogan du PLR était « Ensemble, changeons ! » Il a fallu moins de 3 mois à la majorité de droite du Conseil d’Etat pour montrer ce qu’elle entendait par « ensemble » : dissensions, engueulades, coups bas, fuites et j’en passe. Le Grand Conseil a alors demandé une première fois au gouvernement de s’entendre. Raté. Six mois plus tard, c’est la question hospitalière qui va poser problème. Entre copinage et luttes d’influence, les magistrats PLR vont pour la première fois s’entendre pour… faire taire leur collègue socialiste, et tant pis si ces gamineries retardent les réformes indispensables du milieu hospitalier. Et tout ça tombe quelques semaines après une conférence de presse PLR d’anthologie intitulée « sortir du bac à sable ». Les bons conseils sont toujours pour les autres… L’affaire Hainard n’a rien arrangé. En mai, le Grand Conseil a même eu droit à une scène, encore d’anthologie, avec un Conseil d’Etat qui s’étripe en direct. Bonjour l’ambiance ! La dictature très peu éclairée du PLR doit donc cesser au plus vite. Elle a bloqué le fonctionnement du gouvernement et fait perdre à la population la confiance déjà maigre qu’elle a dans ses institutions.

Et le Grand Conseil dans tout ça ?

Pendant ce temps, dans les travées du Grand Conseil, tout ne fonctionne pas parfaitement non plus. La majorité de gauche à laquelle nous appartenons peine à parler d’une seule voix, en particulier sur les dossiers importants. Je ne vais pas me lancer dans un trop long exercice d’autocritique, mais c’est une pierre dans notre jardin aussi. Les Verts ont endossé un rôle d’opposition dans une situation où nous aurions pu et dû faire front avec le reste de la gauche pour contrer le gouvernement de droite. Dans cette situation, nous avons poussé le PS dans les bras du PLR. Et si certain qualifie la situation de « consensus neuchâtelois », personnellement je penche plutôt pour « consensus mou » !

Et maintenant ?

Avec la démission de Frédéric Hainard, les Verts et la gauche ont enfin la chance de récupérer le siège perdu il y a une année et demie. Nous sommes légitimés à le faire en tant que troisième parti représenté au Grand Conseil. Mais surtout, nous en avons la responsabilité. L’expérience de la majorité absolue d’un seul parti au Conseil d’Etat alors que son poids atteint à peine 30% de l’électorat n’est pas tenable. Ni le PLR, ni les socialistes n’ont aujourd’hui la légitimité de gouverner seuls ce canton. C’est dans la diversité que les réformes pourront être acceptées par les citoyennes et citoyens. Et je ne parle pas ici des réformes à la petite semaine de certains de nos ministres actuels, je parle des grands chantiers : le système hospitalier, la fiscalité des personnes physiques, l’accueil des enfants, la cohésion cantonale, les problèmes économiques, chômage, aide sociale, les transports, l’autonomie énergétique, le maintien de nos Hautes Ecoles et j’en passe.

Il est temps que les Verts prennent leurs responsabilités et tentent de ramener la sérénité au sein du Conseil d’Etat. Pour y parvenir, le comité cantonal vous propose ce soir un candidat qui a l’expérience, l’envergure et la volonté de travailler pour le bien des neuchâteloises et neuchâtelois… Patrick Erard !

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